Steven Spielberg exprime des remords concernant la première version longue d’un de ses films majeurs

Image d'illustration. Rencontres du troisième typeColumbia Pictures Corporation / PR-ADN
Steven Spielberg revient sur la réalisation du premier director’s cut d’un de ses films majeurs, exprimant aujourd’hui des regrets quant à certaines décisions prises à l’époque et à l’impact qu’elles ont eu sur l’œuvre originale.
Tl;dr
- Spielberg a regretté de montrer l’intérieur du vaisseau.
- Pression de Columbia pour une scène spectaculaire finale.
- La version définitive restaure le mystère original.
Un pari risqué pour un projet personnel
Dès la genèse de « Rencontres du troisième type », Steven Spielberg bénéficie d’une liberté rare à Hollywood. Auréolé par le succès colossal de « Les Dents de la mer », il obtient carte blanche auprès de Columbia Pictures. Pourtant, cette autonomie cache une exigence majeure : sortir le film pour les fêtes, quitte à accélérer la production. Contraint par ce calendrier serré, Spielberg doit renoncer à certaines séquences qu’il jugeait essentielles.
L’origine d’un compromis regrettable
Malgré un accueil critique et public exceptionnel – plus de 340 millions de dollars récoltés dans le monde contre un budget modeste –, Spielberg ne se satisfait pas totalement du résultat. Il sollicite alors des fonds additionnels auprès du studio pour revisiter sa création selon sa vision initiale. Mais la direction de Columbia Pictures, flairant le potentiel commercial, impose une condition : offrir au public une plongée visuelle dans l’intérieur du mystérieux vaisseau-mère. Un choix que le cinéaste acceptera, non sans réticence.
L’ajout controversé d’une scène clé
En 1980 paraît ainsi une « édition spéciale » de « Rencontres du troisième type ». À l’issue du film, le spectateur découvre brièvement ce qui se cache au cœur du vaisseau extraterrestre : jeux de lumières, architecture fantastique et silhouettes d’aliens évoquant une sorte de sapin scintillant. Cette séquence, censée émerveiller, s’avère en réalité peu marquante sur le plan narratif et affaiblit l’aura énigmatique du final. L’effet escompté n’est pas au rendez-vous ; Spielberg lui-même admettra plus tard : « Je n’aurais jamais dû faire ça, cela aurait dû rester un mystère. »
Mystère retrouvé et héritage préservé
Deux décennies plus tard, lors d’une ultime restauration destinée aux collectionneurs, Spielberg décide finalement d’effacer cette incursion à l’intérieur du vaisseau. Désormais, seule subsiste l’approche originale : Roy Neary disparaît dans la lumière sans révélation supplémentaire – une fin bien plus envoûtante. Aujourd’hui encore, la force de ce choix artistique fait figure d’exemple dans l’histoire du cinéma hollywoodien. Parmi les scènes cultes du genre science-fiction, celle-ci rappelle que parfois, garder le secret vaut toutes les prouesses techniques.
Pour mieux saisir les étapes-clés ayant façonné cette œuvre majeure :
- Cession artistique inédite offerte à Spielberg après « Les Dents de la mer ».
- Sacrifice narratif sous pression commerciale avec la scène intérieure.
- Mystère restauré, confirmant la place unique du film dans le panthéon SF.
