Quand le maître de la science-fiction, Isaac Asimov, critiquait franchement Battlestar Galactica

Image d'illustration. GalacticaABC / PR-ADN
Connu pour ses critiques franches, Isaac Asimov, figure incontournable de la science-fiction, a exprimé sans détour son opinion sur la série Battlestar Galactica, marquant ainsi le débat autour de ce phénomène télévisuel culte.
Tl;dr
- Asimov critique le manque de réalisme scientifique.
- « Battlestar Galactica » jugée trop inspirée de « Star Wars ».
- Le design des vaisseaux déplaît fortement à Asimov.
Le regard critique d’Isaac Asimov sur la série
Si certains fans se remémorent avec nostalgie les combats spatiaux et l’univers foisonnant de Battlestar Galactica, il en allait tout autrement pour l’un des maîtres incontestés de la science-fiction. Invité en 1979 par le magazine Southwest Airlines Magazine, Isaac Asimov s’est montré particulièrement réservé, voire cinglant, à propos de la série télévisée culte imaginée par Glen A. Larson. Pour lui, cette œuvre n’était qu’une imitation maladroite des grandes sagas spatiales contemporaines.
L’héritage et les inspirations contestées
Dans ses confidences, l’auteur du cycle « Fondation » regrettait que Battlestar Galactica s’inspire si visiblement de l’univers créé par George Lucas. Il ne mâchait pas ses mots : « Je pensais que « Battlestar Galactica » était une imitation trop flagrante de « Star Wars », mais en accentuant ses aspects les moins séduisants ; cela m’a rapidement agacé ». Un reproche qui rappelle aussi son rejet d’autres œuvres populaires du moment, comme « Close Encounters of the Third Kind », jugée « trop bruyante et parfois simplement ridicule ».
L’exigence scientifique au cœur de la critique
Ce qui hérissait surtout le célèbre écrivain, c’était l’écart criant entre la réalité physique et la représentation des combats dans la série. Les batailles spatiales filmées à grand renfort d’effets spéciaux rappelaient davantage, selon lui, les affrontements aériens de la Première Guerre mondiale que ceux d’un univers futuriste crédible. Avec un soupçon d’ironie, il remarquait : « On aurait juré que les vaisseaux évoluaient dans l’air tant leur maniabilité était irréaliste ; c’en était presque indigne du genre. »
Parmi les points qui le dérangeaient le plus figuraient :
- L’absence totale de respect des lois physiques dans les mouvements des vaisseaux.
- Le design rétrograde des fameux Vipers, totalement anachronique selon lui.
- L’impression persistante d’assister à un western ou un film de guerre, plutôt qu’à une authentique fiction scientifique.
L’attente d’une vision audacieuse pour la science-fiction
À travers ses critiques tranchantes, Asimov rappelait son attachement à une science-fiction inventive et rigoureuse. Pour lui, imaginer le futur ne devait pas se limiter à recycler les codes du passé. Ainsi, derrière le succès populaire et le mélange assumé entre aventure et grands thèmes métaphysiques de la série, subsistait aux yeux du maître un certain manque d’audace créative – ce petit supplément d’âme propre aux œuvres marquantes du genre.
