De retour sur Netflix après une longue absence, Heroes remet en lumière une première saison brillante. Et rappelle aussi pourquoi la suite a décroché.
En bref
- Heroes revient sur Netflix
- Sa saison 1 reste la meilleure
- La suite n’a jamais suivi
Avant l’overdose de capes et de multivers, Heroes faisait déjà le pari du super-héros au quotidien. Et c’est peut-être pour ça que la série frappe encore. Son retour sur Netflix, aux États-Unis et dans plusieurs grands marchés, remet en circulation une œuvre qui a précédé la grande explosion du genre, tout en gardant une tenue que pas mal de séries plus récentes n’ont pas.
Une série née trop tôt, et c’est précisément sa force
Lancée en 2006 sur NBC et créée par Tim Kring, Heroes arrivait dans un paysage très différent. Les adaptations de comics n’avaient pas encore envahi la télé et le streaming n’avait pas uniformisé les formats. Résultat, la série avançait avec une idée simple, presque sèche, des gens ordinaires découvrent des pouvoirs, puis basculent peu à peu vers des rôles de héros ou de menaces.
Son retour sur Netflix après une absence d’environ dix ans n’a rien d’anodin. Cette disparition collait à la période des Streaming Wars, quand chaque studio gardait jalousement ses titres. Aujourd’hui, l’argent manque et les catalogues voyagent à nouveau.
La saison 1 fonctionne encore, presque mieux qu’au souvenir
Ce qui tient, d’abord, c’est le ton. Heroes choisit une approche réaliste, assez proche de Unbreakable de M. Night Shyamalan, sans passer son temps à justifier la logique des comics. La saison 1 file droit, avec un enjeu très lisible, empêcher une explosion cataclysmique à New York.
Et puis il y a les figures. Hayden Panettiere en Claire, lycéenne invulnérable qui teste son pouvoir en se jetant de plus en plus haut. Masi Oka en Hiro, employé de bureau qui vit ses rêves de manga en se téléportant. Surtout, Zachary Quinto en Sylar, méchant glaçant qui vole les pouvoirs en tuant ses victimes. Franchement, il reste le moteur noir de la série.
Même la partie visuelle surprend encore. Les effets spéciaux et les cascades ont un vrai relief, comme un brouillon très propre des grosses séries de genre de l’ère streaming. Et le détail compte, des légendes du comic book, Tim Sale et Alex Maleev, ont signé des dessins pour la série.
Pourquoi tout s’est compliqué après ce sommet
La chute est connue. La saison 2 tombe en pleine grève de la Writers Guild of America, entre 2007 et 2008. Plus de vingt épisodes étaient prévus, seulement 11 ont été diffusés. Forcément, des arcs sont accélérés, d’autres abandonnés.
Mais le problème ne venait pas seulement de là. Heroes ressemblait un peu à un comic qui referme un chapitre pour en ouvrir un autre. Sauf qu’après Sylar, la série n’a jamais trouvé un adversaire du même niveau. La mythologie s’élargit, les motivations des méchants deviennent plus compliquées, mais l’impact baisse. La popularité aussi.
Le vrai enjeu du retour sur Netflix
Tout n’est pas à jeter ensuite, loin de là. La saison 3 a Željko Ivanek en Hunter, sorte de version X-Men de William Stryker, et la saison 4 contient même les débuts télé de Sydney Sweeney. Bref, il reste des morceaux à sauver.
Mais l’essentiel est ailleurs, la saison 1 se suffit presque à elle-même. À l’heure où les séries de super-héros se multiplient jusqu’à se confondre, revoir Heroes rappelle qu’un bon concept, un casting solide et une menace claire peuvent compter plus qu’un univers étendu. Et ça, pour Netflix, c’est aussi une manière très simple de redonner de la valeur à une vieille série.