Sorti dans l’ombre, The Voices a rapporté peu et reste méconnu. Pourtant, ce mélange d’horreur et d’absurde montre un Ryan Reynolds bien meilleur qu’attendu.
En bref
- The Voices, comédie horrifique méconnue de 2014, révèle une facette inattendue de Ryan Reynolds.
- L’acteur y incarne un homme perturbé dans un rôle sombre et dérangeant, loin de son humour habituel.
- Malgré son échec commercial, The Voices a séduit la critique et mérite d’être redécouvert.
On associe tellement Ryan Reynolds à Deadpool qu’on en oublierait presque le reste. Mauvais réflexe. Parce que son vrai pas de côté, le plus bizarre et l’un des plus convaincants, se cache dans The Voices, une comédie horrifique sortie en 2014 et passée sous le radar.
Le film que presque personne n’a vu
L’écart est violent. D’un côté, les gros titres, les franchises, les films calibrés comme The Adam Project, Free Guy ou Detective Pikachu. De l’autre, un film indépendant qui n’a rapporté que deux millions de dollars au box-office. Résultat, The Voices reste méconnu alors qu’il montre un autre visage de l’acteur.
Avant ça, Ryan Reynolds était déjà passé par Van Wilder, The Proposal, Just Friends ou l’accident industriel Green Lantern. Mais sa bascule en superstar a clairement explosé avec Deadpool. Et c’est précisément pour ça que The Voices frappe encore plus fort aujourd’hui.
Une comédie horrifique qui part très loin
Attention, spoilers sur l’intrigue. Dans The Voices, Ryan Reynolds joue Jerry Hickfang, un ouvrier atteint de schizophrénie dont les hallucinations deviennent de plus en plus envahissantes. Il parle à ses animaux, puis aux têtes coupées de ses victimes. Oui, le film va jusque-là.
Ce qui le rend vraiment tordu, ce n’est pas seulement son pitch. C’est son système de ton. Le monde vu par Jerry ressemble à quelque chose de lumineux, presque joyeux, alors que la réalité est beaucoup plus sordide. Ses animaux deviennent une sorte de conscience dédoublée, ange d’un côté, démon de l’autre. Et les voix, toutes assurées par Reynolds avec des accents volontairement étranges, ajoutent une couche de malaise assez savoureuse.
Pourquoi Ryan Reynolds y est meilleur que dans ses rôles récents ?
Depuis quelques années, on lui reproche souvent la même chose. Jouer, encore et encore, une variante du type sarcastique qu’il a perfectionné avec Deadpool. Ce n’est pas faux. Dans pas mal de projets récents, son timing fait le boulot, mais le registre bouge peu.
Ici, rien à voir. Jerry n’est pas juste là pour lancer des vannes. C’est un personnage profondément perturbé, et Ryan Reynolds réussit à maintenir un équilibre compliqué, vous faire ressentir de l’empathie sans effacer l’horreur de ses actes. Franchement, c’est là qu’on voit sa vraie palette.
Un casting inattendu, un accueil solide
Le film gagne aussi en étrangeté grâce à son casting. Gemma Arterton joue Fiona, collègue dont Jerry s’éprend avant qu’elle ne devienne l’une de ses victimes. Anna Kendrick, elle, incarne Lisa, avec un sort qui ne tourne pas mieux. Voir ces deux actrices dans un objet pareil, ça surprend, et ça marche.
Et malgré son côté franchement barré, The Voices n’a pas été rejeté. Le film affiche 74% sur Rotten Tomatoes, avec des critiques qui saluent surtout son refus de se normaliser. Bon, ce n’est pas le hit le plus connu de Reynolds. Mais c’est peut-être l’un de ses meilleurs, quand même.