Le scénariste de Batman 2 voit un virage à Hollywood. Les adaptations de jeux vidéo attirent plus les studios, pendant que les films de super-héros perdent leur statut intouchable.
En bref
- Hollywood s’intéresse davantage aux adaptations de jeux vidéo qu’aux films de comics.
- Les super-héros souffrent d’une fatigue du public et de résultats en baisse au box-office.
- Les adaptations de jeux vidéo apparaissent comme plus rentables et mieux maîtrisables budgétairement.
Hollywood adore les cycles. Et là, le regard semble glisser des super-héros vers les adaptations de jeux vidéo. Ce n’est pas encore une révolution gravée dans le marbre, mais le signal mérite qu’on s’y arrête, surtout quand il vient d’un scénariste branché sur les bons circuits.
Le signal vient d’un homme bien placé
Sur le réseau social X, Mattson Tomlin a laissé entendre que les studios montrent aujourd’hui bien plus d’intérêt pour les films tirés du jeu vidéo que pour les gros projets issus des comics. Et le bonhomme ne parle pas depuis le canapé. Il écrit The Batman 2, a aussi bossé sur Project Power, cette curiosité super-héroïque pas assez regardée, et prépare une adaptation de BRZRKR, la série de romans graphiques portée par Keanu Reeves.
Le détail qui pique, c’est le contexte. Cette remarque arrivait alors qu’un fan l’interrogeait sur le film Mega Man, pour lequel il avait rédigé plusieurs versions de script. Le projet semble désormais au frigo. Pas les adaptations de jeux, en revanche.
Le box-office a cassé l’illusion du genre invincible
Ce virage ne sort pas de nulle part. Les films de comics ont longtemps vécu sur une promesse simple, celle de l’événement impossible à rater, soutenu par des budgets massifs et une promo qui recouvrait tout, partout. Le modèle a été poussé très loin par Disney et Marvel. Trop loin, peut-être.
La réception de Supergirl relance clairement le débat, d’autant que ce n’est pas un accident isolé. Plusieurs adaptations récentes ont échoué à la fois côté critiques et au box-office, au point que certains flops du genre ont malgré tout fait mieux que Supergirl pour le moment. Alors oui, des machines comme Spider-Man: Brand New Day ou Avengers: Doomsday restent des valeurs très solides. Mais dans les bureaux des patrons, on ne regarde pas seulement les triomphes, on dissèque surtout les fragilités.
Pourquoi le jeu vidéo paraît plus malin à produire ?
C’est là que le jeu vidéo devient séduisant. Pas forcément parce qu’il vend plus. Parce qu’il coûte souvent moins cher et qu’il supporte mieux une stratégie plus ciblée. Iron Lung, le projet passion de Markiplier, a surpris tout le monde en dégageant un vrai profit. Même logique pour Backrooms, né du lore Internet avant d’inspirer plusieurs jeux d’horreur liminale puis de passer au cinéma.
Le point commun est intéressant. Des budgets plus contenus, des histoires plus serrées, et des créateurs qui connaissent vraiment leur sujet, comme Kane Parsons ou Mark Fischbach. Résultat, Backrooms s’est hissé dans le top 10 des films d’horreur les plus rentables, a ouvert à Kane Parsons la porte d’une adaptation de Portal, et Iron Lung a même fait mieux qu’Avatar en salles. Oui, la phrase est un peu absurde. Mais c’est justement pour ça qu’elle dit quelque chose du moment.
Attention, ce virage n’a rien d’une règle absolue
Bon, pas de prophétie facile. Des films de comics ont encore bien marché ces dernières années. Et être tiré d’un jeu vidéo ne garantit rien du tout. Borderlands, version Eli Roth, s’est planté. Return to Silent Hill a été laminé par la critique et ignoré commercialement.
Ce qui compte, ce n’est donc pas une victoire définitive d’un camp sur l’autre. C’est le changement de priorité. Hollywood cherche un nouveau modèle pour rentabiliser la culture geek sans se noyer dans des budgets gonflés et une fatigue du public de plus en plus visible. Et pour les super-héros, clairement, ce n’est pas la meilleure nouvelle du moment.