Arnold Schwarzenegger n’a pas accepté Mr. Freeze par amour du Batverse. Derrière ce choix, il y avait surtout une vieille guerre d’ego avec Sylvester Stallone.
En bref
- Arnold Schwarzenegger a principalement accepté d’incarner Mr. Freeze pour dépasser les cachets de Sylvester Stallone.
- Le rôle lui a rapporté jusqu’à 30 millions de dollars, malgré son peu d’intérêt initial pour le personnage.
- Batman et Robin a été un échec critique et commercial, mais son interprétation reste culte pour certains fans.
Le plus drôle avec Mr. Freeze, ce n’est pas un jeu de mots glacé de plus dans Batman et Robin. C’est la raison pour laquelle Arnold Schwarzenegger a accepté le costume. Pas un grand amour du personnage, pas une passion soudaine pour le Bat-univers, mais une vieille obsession très Hollywood, gagner plus que Sylvester Stallone.
Une guerre d’ego à plusieurs millions de dollars
Dans les années 1980 et 1990, la rivalité entre Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone ne se jouait pas seulement à l’écran. Elle passait aussi par les cachets, les franchises, les armes toujours plus grosses et, en gros, par la taille du statut de star. Invité du podcast 2 Bears, 1 Cave avec Bert Kreischer et Tom Segura, Arnold Schwarzenegger a raconté qu’il touchait un million de dollars pour Conan 2 en 1983, avant de découvrir que Sylvester Stallone venait de signer un film à cinq millions de dollars.
La frustration n’a pas disparu avec le temps. Pour Total Recall, en 1989, il expliquait avoir obtenu 10 millions de dollars, pendant que Sylvester Stallone montait à 15 millions de dollars. Les deux ont fini par atteindre le même plafond, autour des 20 millions de dollars. Mais Arnold Schwarzenegger voulait le dépassement, pas l’égalité.
Mr. Freeze, un rôle qu’il ne voulait même pas
C’est là que Batman et Robin entre en scène. Au départ, Arnold Schwarzenegger n’était même pas emballé. Jouer un méchant, très peu pour lui. Puis Warner Bros. Pictures a rappelé. Et l’offre a changé de dimension.
D’abord, il était question de 25 millions de dollars pour le film. Ensuite, le studio serait monté à 30 millions de dollars, avec des points et du back end, donc un intéressement sur les recettes. Là, il a dit oui. Il l’a reconnu sans détour, en expliquant que c’était sa manière de rendre la monnaie de toutes les années où Sylvester Stallone gagnait plus que lui.
Un pari gagnant pour le compte en banque, pas pour Batman
Le problème, vous le connaissez. Batman et Robin, sorti en 1997, s’est fait démonter par la critique et par pas mal de fans. Le film a aussi laissé la franchise Batman dans le brouillard pendant près d’une décennie. Pour un studio, ce genre de coup pèse lourd.
Et pourtant, l’anecdote rend aujourd’hui la prestation d’Arnold Schwarzenegger presque plus savoureuse. Son Mr. Freeze, très théâtral et volontairement kitsch, loin de la version tragique rendue populaire par Batman: The Animated Series et l’épisode Heart of Ice, a gardé quelques défenseurs. Lui-même l’assume encore, notamment après son apparition aux Oscars 2024 aux côtés de Danny DeVito, autre ex-vilain de Batman.
Résultat ? Cette histoire dit beaucoup d’Hollywood. Derrière un casting improbable, il n’y a parfois ni vision d’auteur ni stratégie de franchise géniale. Juste deux énormes stars d’action qui se livraient une bataille de salaires. Et franchement, c’est presque plus culte que le film lui-même.