Le débat sur le meilleur film de Batman repart de plus belle. Et cette fois, ce n’est pas The Dark Knight qui rafle la mise, pour des raisons très précises.
En bref
- Mask of the Phantasm repasse devant The Dark Knight
- Le débat porte sur Batman, pas seulement sur le film
- Romance, animation, mythe, tout change ici
On croyait le match plié depuis longtemps. Pour pas mal de fans, The Dark Knight reste l’étalon absolu dès qu’on parle de Batman au cinéma. Sauf que, si on juge non seulement le film mais aussi sa compréhension du personnage, un autre titre remonte franchement dans la discussion, Mask of the Phantasm.
The Dark Knight, grand film, Batman imparfait
Il faut être clair sur un point, le film de Christopher Nolan reste une machine redoutable. Heath Ledger et Aaron Eckhart y livrent des performances qui ont marqué toute une génération, et le récit tient très bien son duel autour de la corruption, du chaos et des limites morales du héros.
Mais voilà le nœud du débat. Comme thriller criminel, c’est immense. Comme film sur Batman, c’est plus discutable. Une grande partie des motivations de Bruce Wayne tourne autour de Rachel, ce qui réduit un peu trop le personnage à sa vie amoureuse. Et le film en fait souvent une sorte de soldat high-tech, avec son énorme véhicule blindé, son recours constant aux gadgets conçus par d’autres et une place finalement faible laissée à son vrai terrain, l’enquête. Même sa volonté d’abandonner le masque à la première ouverture pèse dans la balance. Jusqu’à cette fin où Two-Face meurt après avoir été projeté du toit.
Pourquoi Mask of the Phantasm touche au cœur du personnage
Le plus intéressant, c’est que Mask of the Phantasm travaille lui aussi l’idée d’un amour perdu. Bruce veut renoncer à sa mission pour épouser Andrea. Sur le papier, on pourrait y voir la même faiblesse. Sauf que non.
Ici, Bruce Wayne n’est pas encore totalement devenu Batman. Il est jeune, encore fissuré, et il croit entrevoir une vraie chance de bonheur. Quand Andrea s’éloigne, cela ne l’arrache pas à sa mission, cela l’y pousse. Toute la différence est là. Cette romance renforce la tragédie de Batman, parce qu’il choisit Gotham alors même qu’une autre vie semblait possible.
Animation, esthétique, voix, mythe, tout s’emboîte
Et puis il y a la forme. Le film animé reste l’un des sommets du DC Animated Universe, avec une animation fluide, un style gothique très net, des décors superbes et des scènes d’action qui ont, franchement, très bien vieilli. Kevin Conroy et Mark Hamill, en voix de Batman et du Joker, pèsent aussi énormément dans l’impact du film.
Le scénario va plus loin que la simple origin story. Il mélange des éléments de Year One et Year Two, donne même une origine au Joker sans casser son mystère, et traverse plusieurs années avec une vraie fluidité. On suit un homme qui tente de guérir, puis comprend que son deuil fera toujours partie de lui.
Un consensus impossible, mais un débat révélateur
Rien n’est parfait, quand même. Une réserve revient souvent sur cette vision très dure de Bruce Wayne, comme si l’homme avait disparu le jour où le chevalier noir était né. Mais même avec cette limite, Mask of the Phantasm est jugé au moins aussi solide techniquement que The Dark Knight, avec un design, une action et une romance mieux intégrés au personnage.
Bref, le débat ne dit pas seulement quel film vous préférez. Il dit ce que vous attendez de Batman. Un grand polar avec une cape, ou la tragédie intime d’un homme qui choisit pour toujours de protéger sa ville. Même ceux qui gardent une tendresse particulière pour The Batman reviennent à cette question-là.