Resident Evil enterre enfin la malédiction des films de jeux vidéo

Resident Evil
Image d'illustration. Resident Evil — Columbia Pictures / PR-ADN

Après 33 ans de ratés plus ou moins glorieux, Resident Evil change la donne. Son succès critique fixe enfin une vraie méthode pour Hollywood.

En bref

  • Resident Evil prouve qu’un film adapté d’un jeu peut être vraiment bon.
  • Il combine fidélité au jeu et qualités cinématographiques.
  • La réussite passe par une vision de cinéaste, pas une simple copie du jeu.

Trente-trois ans. C’est le temps qu’il aura fallu pour qu’un film tiré d’un jeu vidéo soit présenté comme un vrai grand film, pas juste une adaptation correcte qu’on excuse parce qu’elle connaît ses mascottes. Avec Resident Evil, réalisé par Zach Cregger, le plafond de verre saute enfin.

Un casse industrielle se termine

Le point de départ, vous le connaissez. Super Mario Bros., en 1993, première adaptation live majeure venue de Nintendo, a laissé un souvenir franchement toxique, à la fois critique et commercial. Et le pire, c’est que l’industrie n’a jamais vraiment appris tout de suite.

Les années 90 ont enchaîné les faux départs avec Double Dragon, Street Fighter puis Mortal Kombat. Ensuite, les années 2000 ont accéléré la cadence sans régler le problème. On a vu passer Lara Croft: Tomb Raider, House of the Dead, Doom, Silent Hill, Hitman, Max Payne, ou encore un premier Resident Evil en 2002. Pas mal de licences énormes, pas mal de films ratés aussi.

Le mal était presque toujours le même, et il est assez simple. Des adaptations qui respectaient mal le matériau de base, des équipes pas franchement branchées jeu vidéo, et, plus basiquement, des films peu inspirés comme objets de cinéma. Résultat, au début des années 2010, le genre était devenu une blague en ligne.

Le film qui réussit enfin le grand écart

Puis il y a eu un léger redressement. Rampage en 2018, Pokémon Detective Pikachu en 2019, ensuite Sonic the Hedgehog, le Mortal Kombat de 2021, puis The Super Mario Bros. Movie en 2023. Mieux, oui. Génial, non.

C’est là que Resident Evil change vraiment la conversation. Le film est désormais l’adaptation de jeu vidéo la mieux notée de l’histoire sur Rotten Tomatoes. Et pour une fois, le discours ne repose pas seulement sur la nostalgie ou les clins d’œil. Le film reprend le monde, les références et même une partie de la logique de gameplay de la licence, tout en tenant debout comme film.

La mise en scène fonctionne, l’écriture aussi, les performances suivent, et surtout l’horreur tape juste. C’est le point clé. Resident Evil ne se contente pas d’être fidèle, il est aussi bon. Clairement, c’était le chaînon manquant depuis des décennies.

La vraie leçon pour les studios

Le cas Resident Evil donne deux règles très nettes à Hollywood. La première, c’est de confier ces licences à de vrais cinéastes, pas à des exécutants. Zach Cregger avait du contrôle créatif, et on retrouve ici ce qui faisait la force de Barbarian et Weapons.

L’autre leçon est presque plus intéressante. Une adaptation n’a pas besoin de recopier un jeu scène par scène pour marcher. Pour une série comme Resident Evil, l’essentiel tient autant dans l’atmosphère, le worldbuilding et la peur que dans une intrigue précise. Bref, être fidèle à l’esprit compte souvent plus qu’aligner les détails. Et ça, pour l’avenir des films de jeux vidéo, c’est une sacrée différence.

CodexZéro

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