Spider-Man: Brand New Day réunit un Marvel longtemps impossible

Spider-Man Brand New Day
Image d'illustration. Spider-Man Brand New Day — Marvel / PR-ADN

Le nouveau Spider-Man ne marque pas seulement le box-office. Son casting relie cinq maisons différentes de Marvel, un cas inédit au cinéma.

En bref

  • Le film relie cinq détenteurs de droits Marvel
  • Un cas inédit dans l’histoire des films Marvel
  • Le succès renforce la logique des partenariats

On parle beaucoup des chiffres de Spider-Man: Brand New Day. Mais le plus fascinant est ailleurs. Le film vient de réussir quelque chose que les fans de Marvel regardaient naguère comme une pure fiction de forum, faire cohabiter à l’écran des héros venus de cinq maisons différentes.

Le crossover que Marvel ne pouvait pas faire il y a vingt ans

Au centre, il y a bien sûr Peter Parker. Sauf que dans Brand New Day, il ne croise pas seulement ses proches comme MJ, Ned Leeds, Aunt May ou Scorpion. Le film fait aussi entrer dans le même espace Frank Castle, Bruce Banner, Yelena Belova et même Jean Grey.

C’est là que l’histoire se joue. Spider-Man et sa galerie dépendent de Sony. Jean Grey vient des anciens droits détenus par 20th Century Fox. Hulk reste lié à une situation compliquée avec Universal, qui conserve un droit de premier refus sur un éventuel film solo. Punisher, lui, a débuté via Marvel Television sur la série Daredevil de Netflix. Et Yelena Belova relève directement de Disney et Marvel. Résultat, aucun autre film Marvel n’avait encore relié autant de provenances industrielles à la fois.

Derrière l’exploit, la longue histoire des droits Marvel

Pour mesurer ce que ça représente, il faut revenir aux années 2000. À l’époque, les grands personnages Marvel étaient éparpillés. Spider-Man d’un côté, les X-Men de l’autre, sans vraie passerelle imaginable entre les studios.

Et puis il y a eu ce moment de bascule. Pendant que le MCU devenait la machine dominante d’Hollywood, Sony pensait pouvoir bâtir son propre univers super-héroïque sans aide extérieure. Après la déception de The Amazing Spider-Man 2, le studio a finalement trouvé un accord avec Disney. Clairement, le paysage a changé à partir de là.

Pourquoi ce montage compte aussi pour le business

Le partenariat entre Disney et Sony a très bien tourné. Tom Holland est devenu l’un des visages du MCU, et le personnage gagne encore en puissance quand il peut rebondir sur d’autres héros. C’est presque l’ADN de ces films, voir des figures qu’on connaît déjà se rencontrer, se jauger, parfois se heurter.

Les chiffres racontent la même chose. Brand New Day file vers environ 1,84 milliard d’euros (2 milliards de dollars), ce qui le placerait parmi les très rares films à atteindre ce niveau. Et même sans lien direct avec le MCU, The Amazing Spider-Man 2 avait déjà rapporté environ 659 millions d’euros (716,9 millions de dollars) dans le monde. Spider-Man attire, oui. Mais connecté à un univers plus vaste, il attire encore plus.

Et maintenant, la vraie question autour des X-Men

L’autre idée intéressante concerne Fox. Avec Jean Grey dans un rôle important, on peut se demander si les mutants auraient fini par entrer dans le MCU même sans rachat par Disney. Bon, personne ne peut le prouver. Mais quand un modèle rapporte autant, les studios regardent.

Le film rappelle une chose simple, les croisements qu’on croyait impossibles sont surtout devenus des dossiers de négociation. Et ça, pour l’avenir de Marvel au cinéma, compte sans doute presque autant que le box-office.

Morgan Fromentin

Éditeur·rice

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