Le réalisateur du prochain Resident Evil a testé son film et entendu le même reproche: trop drôle. Il a retiré des blagues, et assume totalement.
En bref
- Le film a eu des projections test
- Le public l’a trouvé trop drôle
- Zach Cregger a coupé des blagues
Un détail change tout autour du prochain Resident Evil. Le film de Zach Cregger a eu droit à des projections test, chose assez rare pour une licence qui, au cinéma, a souvent avancé en terrain fermé.
Pour les fans, ce n’est pas anecdotique. Les adaptations précédentes ont laissé un passif compliqué, entre reboot Netflix vite oublié et six films produits par Paul W.
S. Anderson qui n’ont jamais vraiment pris la fidélité aux jeux comme boussole principale. Et quand la saga a tenté de coller davantage au matériau d’origine, l’accueil n’a pas été meilleur. C’est tout le paradoxe Resident Evil, on veut le jeu, mais pas une simple photocopie maladroite.
Un test rare pour une saga qui s’est souvent protégée
Dans un entretien accordé à The Hollywood Reporter, Zach Cregger explique avoir utilisé ces retours pour revoir son montage. C’est un signal intéressant, parce que les précédents films se reposaient souvent sur la seule puissance du nom Resident Evil, sans chercher à éprouver le film très tôt face au public.
Lui insiste sur un point: son long-métrage appartient bien à cet univers, et il ne s’agit pas d’un film d’horreur générique recouvert du logo en dernière minute. Il reconnaît aussi, au passage, qu’il n’a pas intégré absolument tout ce que les fans réclamaient. Mais il écoute. Et, franchement, c’est déjà une différence nette.
Le verdict du public a été simple: trop de comédie
Le retour principal, selon le réalisateur, tenait en peu de mots: les spectateurs ont aimé le film, mais l’ont trouvé trop drôle. Résultat? Zach Cregger a repris le montage pour retirer autant de blagues que possible.
Il dit même, en parlant de l’équilibre entre rire et peur, qu’« un peu d’humour va très loin dans un film d’horreur ». Et il ajoute qu’il ne regrette aucune vanne coupée, qu’il préfère même le film dans cette version. Pour un projet censé retrouver la tension des jeux, ce n’est pas un petit ajustement, c’est presque une déclaration d’intention.
Pourquoi ce choix n’a rien d’anodin pour Resident Evil
Ce virage surprend moins quand on regarde le parcours de Zach Cregger. Il vient de la comédie, a débuté avec la troupe The Whitest Kids U Know, ou WKUK, et la moitié de sa filmographie compte des comédies. Même dans Weapons, son goût pour le grotesque se voyait déjà avec le personnage d’Aunt Gladys, caricature de mauvais goût devenue la menace centrale du quartier.
Mais Resident Evil est un terrain piégé. Le premier jeu est célèbre pour ses dialogues raides, presque involontairement drôles, comme « Tu as failli finir en sandwich Jill ! » ou « Toi, le maître du déverrouillage ». Le précédent film, Welcome to Raccoon City, avait justement recyclé ce type de références, sans convaincre grand monde.
Du coup, couper l’humour n’a rien de cosmétique. Zach Cregger semble refuser la moquerie facile pour viser autre chose: retrouver cette sensation très précise qu’on a manette en main, quand la peur vient du rythme, du silence et de l’attente. Si le film tient cette promesse, la vraie bonne nouvelle n’est peut-être pas la fidélité pure. C’est l’idée qu’une adaptation Resident Evil peut enfin comprendre ce que les jeux font ressentir.